Blitz Vs parties lentes

Jeu d'échecs, partie bullet, chess bullet game

En partie rapide, chaque joueur dispose d’un temps limité par rapport aux tournois traditionnels.

panorama des cadences :

Parties rapides : 15 à 60 minutes par joueur.
Parties blitz : moins de 15 minutes par joueur, (en général 5 minutes).
Parties bullet : 1 à 3 minutes par joueur.
Parties lightning : moins d’1 minute par joueur.

ce qu’en pensent les meilleurs joueurs :

En pratiquant le Blitz, vous perdez l’habitude de vous concentrer des heures sur une partie. Ainsi, tout joueur ambitieux devrait limiter au maximum les parties rapides au profit du jeu d’échecs sérieux.
Vladimir Kramnik

 

Oui, j’ai joué une partie blitz, une fois. Dans un train, en 1929.
Mikhail Botvinnik

 

Celui qui analyse une partie blitz est stupide.
Rashid Nezhmetdinov

 

Il est extrêment difficile de se limiter à une seule partie blitz, vous voulez jouer longtemps. Ainsi, j’essaie de les éviter.
Viswanathan Anand

 

Le jeu d’échecs en blitz tue vos idées.
Bobby Fischer

 

Les parties rapides sont le fastfood du jeu d’échecs.
Jérôme Forest

 

Vous l’aurez remarqué, les joueurs de haut niveau ne sont pas adeptes de ces pratiques qui sont pourtant légion sur le net et dans les clubs.

Pourquoi le jeu rapide est-il dénigré ?

Selon moi, les parties rapides sont, sans jeu de mot, le fast food du jeu d’échecs. Elles sont à consommer avec modération.

Le blitz développe l’intuition du joueur, fait travailler les ouvertures et peut, éventuellement, faire plaisir ou dépanner (si vous n’avez pas beaucoup de temps), mais à long terme il s’avère addictif et quelque peu pernicieux.

En effet, certains aspects qui font la richesse du jeu d’échecs, sont totalement amputés. A savoir, les phases de calculs précis et corrects ainsi que les jeux positionnels. A quoi bon peaufiner sa structure de pions, ou transposer dans une finale gagnante si vous tombez au temps ?
Aussi, dans les parties Bullet et lightning, les parties se transforment bien souvent en tragi-comédies, avec des Rois dénudés et sans royaume, harcelés par une, voire des Dames que le zeitnot a rendues hystériques. Le monarque en fuite ne gagnera pas au temps (s’il est seul), mais peut espérer la nulle.

A qui la faute ?

Au jeu d’échecs en ligne, entre autres, qui s’est refusé de suivre les bonnes vieilles cadences traditionnelles. Ainsi, bien souvent, les cadences attribuées par défaut sur les site, afin de faciliter le « fast seek », vont de 3, à 10 minutes.

Les défis proposés plafonnent rarement les 3 minutes. Et bien souvent, les seules parties 30 minutes ou plus sont lancées par des joueurs débutants. Le fait est que le débutant, peut-être, a conscience de ses lacunes et qu’il veut prendre le temps de réfléchir pour progresser. Peut-être, qu’inconsciemment, le pousseur de bois moyen se repose sur ses acquis médiocres, qu’il ne recherche qu’une chose, le gain, par tous les moyens, quitte à gagner minablement au temps alors que sa position l’est tout autant, minable !

Blitz : Danger !

Mais revenons-en plutôt aux effets pernicieux du jeu en blitz. J’ai l’intime conviction, que déplacer ses pièces de façon mécanique et répétée, empêche le joueur de construire une vraie réflexion, limitant son jeu à de la tactique et le dénudant de toute profondeur stratégique. Ils s’agit d’un conditionnement lent mais certain qui s’opère sur le joueur d’échecs, qui, en présence d’un stimulus, déclenchera une réponse automatisée et irréfléchie.

Pourtant, le jeu d’échecs n’est pas une science exacte, et qui plus est n’a pas été résolu. Il s’agit d’une discipline ayant des règles certes, mais qui peuvent être transgressées. Il n’y a rien d’évident dans une partie d’échecs, certaines positions recèlent des trésors de subtilité qu’il serait dommage de galvauder à cause d’une cadence absurde.