Les Echecs Seirawan

Les Echecs Seirawan

L’entichement échiquéen est un grand mystère aux yeux du béotien. Moi-même, il m’a fallu du temps pour reconnaître la précellence du Roi des jeux, tellement sa mine est rebutante, a priori ! Cet artefact divin, me fait gravir chaque jour les échelons d’un escalier sans marches et sans rampes. Renoncer m’est impossible, le jeu d’échecs est un Dahlia bleu qui ne fane pas.

Dès lors, je me suis lancé à la recherche d’ersatz de jeux n’arrivant pas à la cheville du Roi. je me suis dit que peut-être, je trouverais mon bonheur du côté des variantes échiquéennes.

J’ai donc testé le Threechess qui s’est avéré être une aberration puisque l’ajout d’une tierce personne rompt l’équilibre des forces en rajoutant en plus, une variable diplomatique.

Je me suis essayé aux Échecs 360, mais les échecs aléatoires de Fischer, brisent l’harmonie parfaite de la position initiale. De de cette randomisation abjecte naît une position malsaine et disgracieuse.

J’ai perdu 600 points élo en jouant au Suicide chess, mais je ne me suis pas pendu.

Aussi, je n’ai découvert que bien plus tard, par le plus grand des hasards, les Echecs Seirawan.

Un peu d’histoire

Les Echecs Seirawan sont une variante échiquéenne inventée en 2007 par les Grands Maîtres Yasser Seirawan et Bruce Harper.
Inspirés des échecs Capablanca, ils sont toutefois joués sur un échiquier standard de 64 cases (bien plus facile à trouver qu’un damier) et font intervenir deux nouvelles pièces : l’Éléphant (qui combine les compétences du Cavalier et de la Tour) et le Faucon (qui combine les compétences du Cavalier et du Fou). Seirawan a présenté son jeu en simultanée le 31 mars 2007 à Vancouver, au Canada.

L’idée d’ajouter de nouvelles pièces aux échecs, n’est pas nouvelle. En effet, les Echecs Chanceliers proposés par l’Americian Ben Foster introduisaient déjà le Cavalier-Tour en 1889. Mais Cavalier-Tour, appelé aussi Centaure, semble dater de 1647. Le Cavalier-Fou, arrivé bien avant la vache folle, mais tout aussi dévastateur a également un pédigrée qui remonte loin. C’est en 1920 que le champion du monde cubain, Jose Raoul Capablanca propose les «Echecs Capablanca» en ajoutant deux nouvelles pièces : le Chancellor et l’Archbishop. sur un damier 10×10 cases.

Règles des échecs Seirawan

La position initiale est la position standard du jeu d’échecs. Toutefois, chaque joueur débute la partie avec deux pièces en main : Le Faucon et l’Eléphant.

Pièces d'Echecs Seirawan : L'Eléphant et l'Aigle

  • L’Elephant : bouge comme un Cavalier + une Tour
  • Le Faucon : bouge comme un Cavalier + un Fou

Comment l’Eléphant et le Faucon sont-ils introduits en jeu ?

– A chaque fois qu’un joueur déplace une pièce (qui n’est ni un pion, ni un Eléphant, ni un Faucon) n’ayant encore JAMAIS bougé et jamais quitté sa 1ère rangée, ce joueur peut placer, en même temps l’une de ses pièces spéciales (Eléphant ou Faucon) sur la case ainsi libérée. Le joueur joue en quelques sortes deux fois de suite.
Il est donc impossible de placer une pièce spéciale pour parer un échec.

– Si un joueur bouge toutes ses pièces de la première rangée (ou la 8e s’il est noir) sans placer son Faucon ou son Eléphant, ce dernier perd le droit de les placer. La pièce spéciale doit être placée immédiatement après avoir libéré une case de 1ère ou 8e rangée.

– A la suite du roque, deux cases sont libérées, le joueur peut choisir l’une des deux (et pas les deux) pour placer une pièce spéciale.

– Les pions peuvent être promus en Eléphant ou en Faucon, en plus des choix promotionnels classiques.

– En notation algébrique, la lettre E est utilisée pour l’Eléphant et la lettre A pour le Faucon. La notation algébrique anglaise utilise la lettre H pour désigner the Hawk.

Avis de l’auteur

J’ai testé les échecs Seirawan au Parc de la Tête d’Or, sous les cèdres. Des tables d’échecs ont été mises en place grâce à l’initiative du Lyon64, que je salue bien bas. Nous avons utilisé des cailloux pour identifier les Eléphants et des bouts de bois pour les Faucons.

Tables d'échecs du Parc de la Tête d'Or sous les cèdres

Tables d’échecs du Parc de la Tête d’Or sous les cèdres , près du vélodrome (Photo prise par Lyon64)

– Il m’a semblé que deux fois 18 pièces avec des pièces contrôlant un nombre de cases impressionnant était peut-être trop pour un échiquier de 64 cases.
En effet, quasiment toutes les cases de l’échiquier son contrôlées, voire occupées.

– Mais cette variante n’est pas inintéressante puisqu’elle crée de nouvelles combinaisons tactiques. Par exemple, un éventuel baiser de la mort peut intervenir très tôt dans la partie. Il suffit d’échanger les Dames après l’ouverture de leur colonne. Sur Dame prend Dame échec, vous libérez votre première rangée et êtes en mesure de placer un Eléphant sur la case ainsi libérée. Il y a donc échec et mat puisque l’Eléphant protège la Dame.

La variante proposée par Harper et Seirawan recèle donc de précieuses richesses qui feront le bonheur des tacticiens et des pousseurs de bois créatifs.

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