« La tactique, c’est ce que vous faites quand il y a quelque chose à faire. La stratégie, c’est ce que vous faites quand il n’y a rien à faire ».
Cette citation de Xavier Tartakover est une bonne introduction aux concepts de tactique et de stratégie.
Stratégie : Considérations d’ordre général sur la disposition des pièces à adopter.
Ces considérations affecteront la partie sur du long terme.
Exemple : Développer ses pièces rapidement, mettre son Roi en sécurité, contrôler le centre. Conserver sa paire de Fous, placer une Tour en 7e ou sur une colonne ouverte/semi-ouverte.
Déteriorer la structure adverse en créant des pions isolés, doublés, arriérés ou pendants. Opter pour des roques opposés afin de pousser ses pions et lancer une attaque contre le Roi adverse. Le choix de l’ouverture est également d’ordre stratégique. Echanger sa pièce la moins active pour une pièce active. En général, la tactique découle d’une bonne stratégie. En effet, c’est la stratégie qui va faire vivre les pièces et leur donner tout leur potentiel destructeur.
Tactique : Considérations calculatoires sur les coups. La tactique permet dans une position donnée de gagner immédiatement un avantage (souvent mtériel) grâce à une combinaison ou un motif. Exemple : fourchette de Cavalier, enfilade, etc. Ainsi, si un joueur décide de se la jouer romantique à l’instar d’un Anderssen ou d’un Kieseritzky en laissant son Roi au milieu de l’échiquier, il y a de fortes chances pour qu’il se prenne un vilain motif tactique.
La tactique est liée à des motifs que le joueur d’échecs possède dans sa mémoire. Plus le joueur a été confronté à des motifs, plus il sera en mesure de les reconnaître rapidement.
Pour Petrosian, la stratégie est un bloc de marbre et la tactique; le ciseau que manie le maître pour créer des chefs-d’œuvre.
Calcul : Le calcul quant à lui diffère de la tactique. En effet, tous les bons tacticiens ne sont pas forcément bons calculateurs. Néanmoins, les bons calculateurs doivent être bon tacticiens.
En effet, le tacticien doit repérer rapidement les motifs et posséder une bonne intuition. Par contre, il n’est pas toujours évident au tacticien de bien calculer une combinaison. Il peut avoir omis des coups ou mal se projeter dans les posistions évaluées.
Le bon calculateur, au contraire, sait calculer justement une variante, sans commettre d’erreurs. Il doit nécessairement être en mesure de trouver les bons coups candidats afin de juger de la qualité et la viabilité du coup qu’il désire jouer. Un bon calculateur dispose également d’une bonne visualitation et excelle dans les longues combinaisons. Le calculateur est donc tacticien (mais l’inverse n’est pas forcément le cas).
Ainsi, tout commence par la Stratégie. D’une bonne stratégie découlera une combinaison tactique, cette dernière doit – accessoirement – être calculée justement afin d’éviter les mauvaises surprises.
