pousseur de bois

Le pousseur de bois est un joueur d’échecs (ou de dame) de faible niveau. Un tel joueur aura tendance à pousser ses pièces (souvent en bois) sur l’échiquier sans vraiment réfléchir.
Syn. : patzer

J’utiliserai ce terme pour qualifier, de façon railleuse et imagée les joueurs d’échecs en général.

Le neveu de Rameau* (pdf gratuit) rédigé dans les années 1770 par Diderot s’ouvre sur une évocation du café de la Régence, le “temple des joueurs d’échecs”. L’attitude du neveu de Rameau (LUI.) est méprisante à l’égard des joueurs d’échecs communs, qu’il qualifie de “pousseurs de bois” :

Il m’aborde… Ah, ah, vous voilà, monsieur le philosophe, et que faites-vous ici parmi ce tas de fainéants ? Est-ce que vous perdez aussi votre temps à pousser le bois ? C’est ainsi qu’on appelle par mépris jouer aux échecs ou aux dames.
MOI.— Non, mais quand je n’ai rien de mieux à faire, je m’amuse à regarder un instant, ceux qui le poussent bien.
LUI.— En ce cas, vous vous amusez rarement ; excepté Légal et Philidor, le reste n’y entend rien.
[…]
Moi.— Vous êtes difficile, et je vois que vous ne faites grâce qu’aux hommes sublimes.
Lui.— Oui, aux échecs, aux dames, en poésie, en éloquence, en musique, et autres fadaises comme cela. A quoi bon la médiocrité dans ces gens.
Moi.— A peu de chose, j’en conviens. Mais c’est qu’il faut qu’il y ait un grand nombre d’hommes qui s’y appliquent, pour faire sortir l’homme de génie. Il est dans la multitude. Mais laissons cela.

 

*Le Neveu de Rameau est un dialogue écrit par Diderot. Il s’agit d’une discussion entre Moi, (le narrateur, philosophe), et Lui (Jean-François Rameau, neveu du célèbre compositeur Jean-Philippe Rameau).

Le livre audio est téléchargeable gratuitement.

Café de la Régence - Paris, XIXe siècle, salle chaudement éclairée, remplie de Pousseurs de bois moustachus. Hauts de forme noirs accrochés aux portemanteaux

Café de la Régence – Paris, XIXe siècle

C’est dans ce café, en 1843 qu’a lieu l’affrontement Saint-amant Vs Staunton, soldé par la victoire de ce dernier.